Votre courrier relatif à l'accès à l'informatique dans les établissements scolaires et notamment aux coûts des logiciels m'est bien parvenu et a retenu toute mon attention. Je vous remercie pour la confiance que vous me témoignez.
L'accès des élèves du primaire aux ressources informatiques et multimédia fait partie intégrante des priorités du Gouvernement. Or, certaines collectivités locales responsables de l'investissesment informatique ont de grandes difficultés à remplir leur tâche (communes rurales, communes à établissements difficiles...) c'est pourquoi, le Gouvernement a mobilisé un fonds de 500 millions de francs à destination des collectivités sous la forme d'un prêt à taux zéro sur une durée pouvant atteindre dix ans. Ces prêts sont accordés en fonction de la qualité pédagogique des projets.
Parallèlement, le ministère a signé une dizaine d'accords cadres avec les entreprises de l'informatique et des télécommunications afin d'offrir les meilleures conditions techniques et financières aux collectivités pour l'accès à internet ou l'acquisition de matériels et logiciels au bénéfice des établissements scolaires. Il vient d'en conclure également pour le développement des logiciels libres.
La récente arrivée à maturité des logiciels libres pose des problèmes d'adaptation dans le contexte actuel où la plupart des intervenants ont reçu une formation sur les équipements de logiciels spécifiques (propriétaires).
Diverses actions ont été entreprises pour permettre à cette situation d'évoluer. Des initiatives locales en la matière ont reçu un écho favorable au ministère et notamment en matière d'utilisation du système LINUX.
Les organismes chargés du recensement des ressources de la formation et de l'assistance aux prescripteurs ont déjà commencé à prendre en compte les logiciels libres dans les secteurs où leur mise en oeuvre pose le moins de problème en terme de formation notamment (installation des serveurs).
En ce qui concerne les postes de travail directement utilisés pour la formation des élèves un temps plus long est nécessaire pour l'adaptation de la formation des personnels enseignants. Des discussions sont en cours entre le Ministère de l'Education Nationale et l'AFUL (association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres). Elles portent sur le déploiement des logiciels libres dans tous les secteurs d'utilisation des technologies d'information et de communication de l'enseignement et sur la formation des personnels et l'implication des entreprises françaises concernées. Le Ministère réfléchit aux dispositions qu'il faudrait prendre pour faire en sorte que l'offre des éditeurs de contenus éducatifs soit réalisée dans des formats compatibles avec les diverses plates formes (dont les plates-formes libres) envisageables pour le système éducatif.
Le recours à ces logiciels peut favoriser la liberté et l'égalité des chances d'accéder aux outils pédagogiques mais le Gouvernement pense qu'il ne serait pas souhaitable d'envisager une migration de l'ensemble du système éducatif dans le cadre exclusif des logiciels libres au risque de figer l'Education Nationale dans un seul type de solution technologique voire de la couper des technologies utilisées dans les entreprises. Le rôle de l'état est de se montrer impartial tout en restant attentif à l'évolution technologique. Il doit s'attacher à préserver et garantir la multiplicité et la diversité de l'offre.
Espérant avoir répondu à vos préoccupations et interrogations, je vous prie
de croire, Monsieur, à l'expression de mes sentiments les meilleurs.